Et pour donner vie à une histoire d'une autre époque, pour déplacer et émouvoir le spectateur plus d'un siècle et demi plus tard, Roberto BOLLE (dans le rôle d'Albrecht) et Svetlana ZAKHAROVA (dans le rôle de Giselle).
Ces deux rôles sont paradigmatiques dans le répertoire académique :
- Giselle, la jeune paysanne qui tombe d'amour fou pour Albrecht, ignorant ses origines nobles.
- Albrecht, le prince qui jure à Giselle un amour éternel tout en étant déjà fiancé à une autre jeune fille. Il joue avec Giselle et la trahit, pour se racheter par la suite.
L'amour, la folie, la trahison, la mort, la vie des paysans et le monde de l'au-delà. La Scala a mis en scène le chef d'oeuvre romantique. Et les corps se fondent avec la musique comme dans un souffle.
La vie réelle est étroitement liée à la terre comme les paysans, et un monde fait de créatures d'un autre monde qui apparaissent et disparaissent comme un souffle. Au milieu de la trahison.
« Giselle » est le ballet romantique par excellence.
De nouveau au Théâtre de La Scala, pour renouveler le succès de la saison dernière. Le célèbre ballet a été repris dans la chorégraphie de Coralli-Perrot dans la version d'Yvette CHAUVIRE, retenue version plus proche et fidèle à l'originale.
Sur scène, ils forment un couple parfait. Elle, la danseuse député ukrainienne, l'ancienne star du Kirov, aujourd'hui Etoile du Bolchoï, dotée d'une grande technique et l'élégance, d'une finesse de séduction et la puissance des pointes et des jambes de fer.
Lui, notre "noble danseur" superstar, glamour divin, aimé et chéri parmi les danseurs internationaux pour l'autorité et la technique pure.
Les deux actes qui constituent le ballet sont très distincts les uns des autres : dans le premier, domine la lumière du soleil qui se reflète dans le maïs jaune des champs, dans le second, le crépuscule et l'obscurité des ténèbres, interrompus par le tulle qui absorbe le faible clair de lune pour les réfléchir. Et «la mort de Giselle » dicte le changement de scène.
Ces deux étoiles sont en mesure d'imposer sur la scène les passions contradictoires dont le ballet vie avec toute leur puissance perturbatrice. La joie, l'ambiance festive des champs pendant la récolte, l'insouciance d'un jeune de quinze ans, la folie, la douleur qui tue, l'amour qui survit à la mort. Leurs corps parlent, racontent chaque passage de l'histoire et fondent parfaitement avec musique d'Adolphe Adam.
Svetlana Zakharova et Roberto Bolle ont transformé le ballet en une poésie sur pointes. Chaque regard entre eux, chaque petite vibration du corps est en mesure de donner une émotion qui arrive directement au public. Francesca Podini est austère et irréprochable dans le rôle de Myrtha, La Reine des Willis.
Et regardez, vous pouvez entendre un écho des paroles d'Yvette Chauviré: «La virtuosité de Giselle consiste à rendre la technique invisible (...) Quand je dansais, mon obsession était de faire oublier la chair des pieds ... toujours trop humains, à laquelle il fallait donner l'apparence d'un souffle. "
« Giselle » naît en 1841 d'une idée de l'écrivain et poète romantique français Théophile Gautier, qui, à travers les pages du livre « De l'Allemagne » de Heinrich Heine, fut attiré par la légende des Willis, esprits de la tradition populaire allemande similaires à des elfes.
De jeunes mariées promises, mortes avant le mariage, sortent de leurs tombes au cours de la nuit en quête de vengeance. Le livret de Gautier est mis en forme sur les notes et les caractéristiques d'Adam et chorégraphié par Coralli et Perrot. Il en naît un ballet qui a marqué l'histoire du romantisme et de la danse.
Plus d'un siècle et demi après, «Giselle» continue de fasciner le public.
Source : ilsole24ore.com et sky.it

